Les textes des chansons et de la partie théâtrale étant en marseillais, voici donc quelques explications pour les mal-comprenants du Nord de la France, par désordre alphabétique :
Ratacan: individu qui s’accroche à tout. Sorte de raspi. Peut se comporter parfois comme un rastègue.Coucarin: « quelque chose », avec une notion de grosse
quantité. « Fatche de, on leur a carré coucarin dans la tronche au
PSG, hier soir ! »
Dégun: personne,
absence de quelqu’un. Donne une idée du vide sidéral. « Ma foi, y z’ont
dégun en attaque, cette année, le PSG ! »
Lacydon : nom grec
du Vieux Port.
Vieux Port: nom français
du Lacydon.
Cabanon: résidence
secondaire sans confort près des calanques, haut lieu de consommation de liqueurs
anisées (voir fly), et de siestes crapuleuses.
Fly : « Abondance
de fly fracasse le teston » (Lao-Tseu)
Nuque- longue: coupe de
cheveux très très en vogue chez les càcous en 1973, à porter avec des Nébuloni vernies et un débardeur acrylique
orange.
Aque: avec. « Oh,
çui-là, qué roulade aque sa nuque longue ! »
Mastéguer: originellement mâcher, mastiquer. Dans le contexte,
réduire à néant, estransiner, estramasser.
Sègue: « cinq contre un », « étrangler le borgne »,
« faire pleurer le colosse ».
Auto-gâterie furtive expédiée manu
militari. Par extension, éprouver un réel plaisir à ce qu’on fait.
Espaloufi : vaguement estransiné, mais avec une connotation plus
flagada. « A trop se séguer, on a les alibofis espaloufies ». (Dicton
du Vatican).
Reda Caire : Le sex-symbol de nos grand-mères, crooner levantin
d’avant-guerre, œillades assassines et voix
de velours. Tino Rossi et Johnny Rotten lui doivent tout. Après lui ,
le néant.
Variétés, Alcazar, Odéon ,Gymnase : quelques-uns
des lieux de culte qui lui étaient consacrés, là où ses groupies pouvaient
entrer à loisir en pâmoison à l’écoute des roucoulements langoureux de leur
dieu vivant.
Darcellys, Alibert, Rellys : divinités de second plan,
selon le RCFC. (Réda Caire Fan Club)
Tchapacan :(chiapacan): broque, maffre. «Il peut être dorénavant
établi avec certitude, qu’un tchapacan fait toujours les choses à la gacha-empèga
». (Louis Leprince-Ringuet)
Arapède: mollusque vivant scotché
à mort sur les rochers, et par extension, un mec dont il est très difficile de se dépéguer.
(Voir Péguer)
Péguer : peut se dire d’une personne au comportement d’arapède.
Reléguer :dans ce cas, faire excessivement mal. « Hier, au
Cabanon, je me suis relégué en voulant ramasser des arapèdes comme un chiapacan :
après, j’étais tout espaloufi. »
Bd Michelet: Artère proche du Stade Vélodrome, dans les contre-allées
desquelles certains supporters qui ont la barre, peuvent aller exsuder nuitamment
et moyennant finances, ce qui leur reste d’énergie après le match. (Voir Titin).
Cynthe, Ophicléide, Chresmologue,
Psychopompe, Anachorètes : Prière de consulter les ouvrages
de référence de la Bibliothèque Nationale, côtes M 615 à 723, ou demander
Loule. ( Bar du Platane).
Enraguer: Se dit du pêcheur quand il accroche son hameçon dans
un trou de rocher, et qu’il arrive plus à se dépéguer de là. «
Se désenraguer sans casser le fil nécessite une grande maîtrise de soi, et
une parfaite connaissance du milieu marin:
seuls les Seigneurs y parviennent. Pour ma part, j’y parviens
à chaque fois.»
( Commandant Cousteau, La pêche
à la ligne en 810 leçons - tome XXVII, Editions François Beauval.)
Rastègue : Quelqu’un de rastègue peut s’enraguer, ça n’a aucun
rapport.
Niaï: A la limite, quelqu’un de niaï pourrait s’enraguer plus facilement
que quelqu’un de rastègue, mais les avis sont partagés.
La Belle de Mai, Les Catalans, Allauch,
La Mède, L’Estaque, Endoume, St Mauront,
La Cabucelle, Riou, Le Cap Pinède,
La Crine, Niolon, Figuières: lieux paradisiaques et mythiques,
vantés de tous temps par de luxueux dépliants touristiques. Leur localisation exacte doit rester secrète.
Suce-miel : délicate friandise oblongue qui se pratique par succion,
comme son nom l’indique.
Muge : (voir aussi « Titin »). Un lointain
rapport avec la définition ci-dessus. « Aujourd’hui, je ne mange pas de muge, j’ai des aphtes.» (Dave).
Pied-carré: se dit à Marseille d’un footballeur foireux. En général,
on les revend aux parisiens.
Cannette, cannillon, palangrotte : les outils
de travail du hardi pescadou . Arrivent sur sa liste juste après la bouteille
de Cassis bien frais.
Bette, pointu : depuis la plus haute Antiquité, l’homme chevauche de fiers destriers des mers destinés à braver la colère des éléments en furie. Zè le pêcheur est de ceux-là.
Empouraque : Lointain voisin d’ « emboucané ». Selon certains puristes, le sens de ce terme peu usité se rapprocherait plutôt d’ « engambi » que d’ « engatse ». Mais ceci est une autre histoire…Le ouaï pourrait être son lointain cousin sémantique.
Fioupélan nuque-longue: (voir :
« nuque-longue ») d’abord, ça pose le délicat problème des aberrations
génétiques, et en plus, ça doit être dégueulasse, il doit s’emmêler les pinces
dans les cheveux.