LES GRANDS DÉBATS ÉCONOMIQUES


Euroméditerranée: Premiers chantiers

Le programme 1997 a été approuvé par le conseil d'administration. A la Joliette comme à Saint-Charles, on devrait voir cette année les premiers effets sur le terrain du projet Euroméditerranée...

Les impatients seront satisfaits : Euroméditerranée va commencer à faire bouger Marseille en 1997. Un conseil d'administration s'est déroulé le 17 janvier dernier. Et Renaud Muselier, président de l'établissement public d'aménagement, et Dominique Becker, directeur, sont venus faire le point sur les premières grandes décisions. Il faudra attendre encore un an pour que les chantiers les plus impressionnants démarrent. Mais du côté de la Joliette et de Saint-Charles, les Marseillais assisteront aux premiers mouvements dès les prochains mois...

Quartiers symboles

Renaud Muselier et Dominique Becker le répètent systématiquement en préambule de leurs interventions : Euroméditerranée respecte son calendrier ! Les Marseillais, du moins ceux qui s'intéressent au projet (les concertations à la Foire et l'exposition de décembre-janvier en ont rassemblé plus de 13 000) ont beau avoir le sentiment que la mise en route des opérations traîne, l'EPAEM serait toujours dans les temps. 1996 était une "année pré-opérationnelle décisive". L'équipe d'Euroméditerranée est quasi-complète (38 personnes à ce jour, 45 d'ici à la fin de l'année). Des protocoles ont été signés avec les différentes institutions (Port, chambre de commerce, SNCF). 1997 sera la première étape du plan triennal comportant 880 millions de francs d'investissements, celle du lancement des premiers travaux dans trois quartiers symboles : la Joliette, Saint-Charles et la rue de la République.

Sur la Joliette, les hangars J3 et J4 tomberont cette année, vraisemblablement même avant la fin du premier semestre. L'opération marquera le site et les esprits puisqu'elle sera visible depuis l'autoroute du Littoral. Le sort de la passerelle sera également décidé cette année pour que les procédures relatives à sa démolition soient lancées en 1998. Autres destructions à la Joliette : le hangar SNCF, le bâtiment de France Télécom. Côté aménagements, la première tranche du parking et la revalorisation de la place de la Joliette.

Autour de la gare Saint-Charles, la première opération significative concernera la rue Bernard-du-Bois. Le dossier est enfin débloqué. "Une cinquantaine de bâtiments sont concernés, explique Dominique Becker. Nous signerons des protocoles bloc par bloc avec l'architecte des Bâtiments de France. Ce dernier n'est pas contre la démolition, mais il veut savoir ce qu'on veut faire à la place. Nous veillerons dans le même temps au relogement des familles. Pas question de se manquer : l'opération doit être exemplaire pour ne pas handicaper, dès le départ, l'aspect social du projet."

Enfin, la rue de la République. Des réhabilitations sont prévues, ainsi que sur le secteur de Montolieu. Les discussions devraient aboutir prochainement. Quelque 130 logements, en tout, seront rénovés et 50 à 60 logements neufs construits. Voilà pour le concret.

Plan directeur

Mais 1997 sera aussi l'année de poursuite et d'achèvement d'une majorité des études. Un véritable plan directeur du projet devrait être présenté avant l'été. On saura alors ce qu'il adviendra des ZAC Saint-Charles et Joliette, de la Porte-d'Aix, du littoral, de l'espace Saint-Jean, de l'affectation définitive du J4 et de la rue de la République. On verra également plus précisément les solutions proposées pour faire face aux problèmes de stationnement, pour redynamiser économiquement le secteur (18 entreprises se seraient installées sur le site en 1996 selon l'EPAEM, une cinquantaine de dossiers seraient en cours de discussion). Les acquisitions foncières qui seront progressivement réalisées (Euroméditerranée va récupérer de la SNCF un espace de six hectares entre Arenc et Saint-Charles) permettront de disposer prochainement de terrains à offrir aux investisseurs qui se manifesteraient et aux différents équipements publics prévus par le projet. Des actions de marketing seront renforcées en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Selon Dominique Becker, les prospects exigeraient systématiquement un site porteur en terme d'image, une qualité de vie excellente autour, des possibilités de résider à proximité et des aides financières à l'implantation. Pour 1997, le budget alloué au projet s'élève à 280 millions de francs. Abondé par l'ensemble des collectivités locales à 50 % et par l'Etat pour l'autre moitié.

jean-christophe barla


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