L'EVEIL: EDITORIAL

L'EDITORIAL



8 mars: L'inégalité est féminine, L'inégalité est féminin


Nos grand-mères s'émeuvent encore devant les pubs qui starisent un bon verre tout propre dans le prolongement d'un soleil pinson, sorti d'un lave-vaisselle plus silencieux qu'une coccinelle. C'était comme ça, de leur temps, comme elles disent : elles tenaient le foyer et s'escrimaient à croire qu'elles pouvaient remplir une vie avec des couverts propres étalés sur leur biographie rikiki. Aujourd'hui, leurs filles et petites-filles ne veulent plus charbonner leur carnet intime de faits du logis. Elles constituent 45 % de la population active française. Ce n'est pas pour autant que le machisme a pris la tangente. Cette logique émancipation, dans une période de crise, traîne encore d'incompréhensibles boulets d'inégalité. En 1994, la femme reste moins bien payée que son homologue masculin (20 % d'écart dans le privé et 18 % dans le secteur public). La femme est plus vulnérable face au chômage, supérieur de quatre points à celui de sa moitié génétique, et occupe 85 % des emplois précaires. Etre jeune, se marier, avoir des enfants : dans une dynamique entrepreneuriale métastasée par le chômage, la femme représente injustement une population à risque. A l'heure de la flexibilité, l'équilibre familial, dont la femme maîtrise aujourd'hui encore le subtil dosage, est l'ennemi de l'entreprise. Celles (ou ceux...) qui y font référence sont pris pour des fous. Le tout-entreprise maltraite d'abord la femme, cette stakhanoviste des temps modernes, qui se tape 68 heures de ìtemps contraintsî (temps professionnel + temps domestique) par semaine. A l'heure où l'on fête les femmes, ces données prouvent à quel point le machisme est bêtement résistant : la loi sur l'égalité des salaires est foulée au pied... comme un seul homme.

stéphane menu



Mutation


Comment ne pas sëinquiéter ? LíEveil cambriolé, sans sa logistique informatique, cherchant ici ou là des dépannages díurgence. Et, finalement, pour sortir un hebdomadaire ìpeau de chagrinî sur huit pages. Mais le pire était en coulisse. Avec une équipe éclatée un peu partout dans Marseille pour assurer la continuité de sa tâche à proximité díun ordinateur. Des délais de bouclages encore plus courts quíà líaccoutumée. Sans compter des bureaux sous la pression de quelques jeunes en mal díoccupation, utilisant les moindres interstices comme vespasienne ou comme rampe de lancement de pétards assourdissants...

Eh bien, voilà, malgré tout, nous avons persévéré. Avec la folle ambition de poursuivre líaventure dans un monde qui perd ses repères, nous avons trop conscience de la nécéssité díun hebdomadaire de référence. Avec nos moyens limités, nous avons toujours cherché à démontrer quíune presse de proximité pouvait trouver son public sur des objectifs de qualité, de réflexion, de solidarité.
Bien mieux, dès la semaine prochaine, promise depuis quelques mois maintenant, nous vous proposons la nouvelle formule de líEveil hebdo. Sur le fond, rien ne changera vraiment. Mais, malgré cela, vous níaurez plus à partir du 28 mars, le même journal. Car nous avons décidé de nous rapprocher de nos lecteurs, de sortir davantage de notre bulle. Et nous avons donc construit un canevas de journal complètement modifié pour aller à votre rencontre, de manière plus pertinente, plus audacieuse mais aussi plus affective. Car que serait un monde où líénergie ne serait pas animée par la passion, líespérance díun avenir, le souci de plus de justice ?


Alors rendez-vous au vendredi 28 mars. Bien entendu, vos remarques, critiques et satisfactions seront attendues par notre équipe avec grande impatience. Enfin, sachez-le, il síagit une fois de plus díun pari économique. Alors, si líun ou líautre peut prendre des initiatives dans ce domaine, níhésitez pas à nous le faire savoir díurgence. Pour líheure, LíEveil se trouve face à une impasse de trésorerie díenviron 300 000 francs. Cíest rien et beaucoup la fois ! Mais cela met notre survie en jeu.


elie somot


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