Nos grand-mères s'émeuvent encore devant les pubs qui starisent un
bon verre tout propre dans le prolongement d'un soleil pinson, sorti d'un lave-vaisselle
plus silencieux qu'une coccinelle. C'était comme ça, de leur temps, comme
elles disent : elles tenaient le foyer et s'escrimaient à croire qu'elles pouvaient
remplir une vie avec des couverts propres étalés sur leur biographie rikiki.
Aujourd'hui, leurs filles et petites-filles ne veulent plus charbonner leur carnet
intime de faits du logis. Elles constituent 45 % de la population active française.
Ce n'est pas pour autant que le machisme a pris la tangente. Cette logique émancipation,
dans une période de crise, traîne encore d'incompréhensibles boulets
d'inégalité. En 1994, la femme reste moins bien payée que son homologue
masculin (20 % d'écart dans le privé et 18 % dans le secteur public). La
femme est plus vulnérable face au chômage, supérieur de quatre points
à celui de sa moitié génétique, et occupe 85 % des emplois précaires.
Etre jeune, se marier, avoir des enfants : dans une dynamique entrepreneuriale métastasée
par le chômage, la femme représente injustement une population à risque.
A l'heure de la flexibilité, l'équilibre familial, dont la femme maîtrise
aujourd'hui encore le subtil dosage, est l'ennemi de l'entreprise. Celles (ou ceux...)
qui y font référence sont pris pour des fous. Le tout-entreprise maltraite
d'abord la femme, cette stakhanoviste des temps modernes, qui se tape 68 heures de
ìtemps contraintsî (temps professionnel + temps domestique) par semaine. A l'heure
où l'on fête les femmes, ces données prouvent à quel point le
machisme est bêtement résistant : la loi sur l'égalité des salaires
est foulée au pied... comme un seul homme.
stéphane menu
Comment ne pas sëinquiéter ? LíEveil cambriolé, sans sa logistique informatique,
cherchant ici ou là des dépannages díurgence. Et, finalement, pour sortir
un hebdomadaire ìpeau de chagrinî sur huit pages. Mais le pire était en coulisse.
Avec une équipe éclatée un peu partout dans Marseille pour assurer
la continuité de sa tâche à proximité díun ordinateur. Des délais
de bouclages encore plus courts quíà líaccoutumée. Sans compter des bureaux
sous la pression de quelques jeunes en mal díoccupation, utilisant les moindres interstices
comme vespasienne ou comme rampe de lancement de pétards assourdissants...
Eh bien, voilà, malgré tout, nous avons persévéré. Avec
la folle ambition de poursuivre líaventure dans un monde qui perd ses repères,
nous avons trop conscience de la nécéssité díun hebdomadaire de référence.
Avec nos moyens limités, nous avons toujours cherché à démontrer
quíune presse de proximité pouvait trouver son public sur des objectifs de qualité,
de réflexion, de solidarité.
Bien mieux, dès la semaine prochaine, promise depuis quelques mois maintenant,
nous vous proposons la nouvelle formule de líEveil hebdo. Sur le fond, rien ne changera
vraiment. Mais, malgré cela, vous níaurez plus à partir du 28 mars, le
même journal. Car nous avons décidé de nous rapprocher de nos lecteurs,
de sortir davantage de notre bulle. Et nous avons donc construit un canevas de journal
complètement modifié pour aller à votre rencontre, de manière
plus pertinente, plus audacieuse mais aussi plus affective. Car que serait un monde
où líénergie ne serait pas animée par la passion, líespérance
díun avenir, le souci de plus de justice ?
Alors rendez-vous au vendredi 28 mars. Bien entendu, vos remarques, critiques et
satisfactions seront attendues par notre équipe avec grande impatience. Enfin,
sachez-le, il síagit une fois de plus díun pari économique. Alors, si líun ou
líautre peut prendre des initiatives dans ce domaine, níhésitez pas à nous
le faire savoir díurgence. Pour líheure, LíEveil se trouve face à une impasse
de trésorerie díenviron 300 000 francs. Cíest rien et beaucoup la fois ! Mais
cela met notre survie en jeu.
elie somot