Tout, pourtant, relevait d'une certaine logique. Andréas Köpke débarquant
à l'OM auréolé du titre de meilleur gardien du dernier Euro, Jérôme
Alonzo avait parfaitement intégré le fait de n'être que la doublure
du gardien de la sélection nationale allemande.
Oui mais voilà : Alonzo avait pris une part conséquente la saison dernière
dans la montée de l'OM en D1. Les dirigeants marseillais avaient même envisagé
sérieusement, un temps, de lui confier la responsabilité du poste de gardien
de but en D1. Seulement, Gérard Gili considéra que la fin de saison d'Alonzo
n'était pas à la hauteur des espérances. Et voilà comment un
gardien en pleine ascension plonge dans l'anonymat le plus plombé. ìJe sais
qu'un gardien de but peut être Dieu une semaine et le diable trois matches plus
tardî, confesse-t-il avec philosophie. ìA l'OM, j'ai compris du jour au lendemain
que j'étais remplaçant. J'ai passé des moments difficiles mais je
m'en suis bien tiré. J'ai toujours fait en sorte de m'entraîner avec beaucoup
de conviction.î Poste hyper-technique, où la part d'erreur est infime, le gardien
est un joueur sous pression perpétuelle. On ne lui reconnaît qu'à
de très rares exceptions des circonstances atténuantes.
Le grand talent d'Alonzo est d'avoir su surmonter ce mauvais coup du sort. Face au
champion de France monégasque, il a démontré qu'il n'était pas
voué à jouer les doublures toute sa vie. Au moment où son agent étudie
les propositions de transfert, ce match pourra lui servir de référence.
Cannes, Nice, Le Havre, Toulouse et un club espagnol se sont renseignés auprès
de l'OM. Alonzo devrait ainsi redonner un coup de fouet à sa carrière.
Et Marseille gardera le souvenir d'un joueur exemplaire, sympa et humain. Dans ce
domaine, les virages du stade vélodrome ont une mémoire pachydermique.
Il sera toujours le bienvenu.
stéphane menu