Ce Requiem, de Verdi, qui invite au ìrepos en paixî éternel, incite,
musicalement, à la vie par son extraordinaire vitalité.
Avec le chef japonais Yutaka Sado, pas de doute : il agit, agite si bien par ses
bonds, ses rebonds, ses gestes, ses mimiques, il galvanise les interprètes,
électrise de telle sorte l'auditoire, que ce n'est plus un rituel appelant la
paix sur les morts mais le tourbillon d'un rite célébrant la vie.
Nos cúurs s'enflamment, les choristes (Opéra et Région), l'Orchestre philharmonique
de Marseille, s'embrasent, les solistes s'exaltent, à part un ténor (M.
Carrara) éteint. G. Prestia a prestance sombre dans la souffrance, Michèle
Lagrange plane angéliquement mais, visage de vierge, voix de madone et corps
de Vénus, c'est Sylvie Brunet qui porte et transporte l'image, le cri, le soupir,
de l'humaine douleur.
Interprétation orientale colorée de notre pittoresque occidental et de
nos passions méditerranéennes : aucun flegme asiatique, aucun ìstoïcismeî
à la japonaise mais un déferlement de la révolte humaine devant l'inexorable.
La ìmesse des mortsî devient celle de la Résurrection.
b. p. n
Requiem de Verdi, Marseille-Concerts, le 4 avril à líOpéra