A suivre, encore et toujours, les jeunes en politique. Gros plan sur ceux qui seront
peut-être demain à des postes à responsabilité de la vie politique.
Pour líheure, les jeunes PR de la région font leurs armes.
Ce beau dimanche ensoleillé de janvier ne se prêtait pas au travail.
Pourtant les Jeunes républicains sont présents. Peu nombreux certes en
ce début de matinée mais très chics et très attentifs, ils écoutent
leurs représentants à la tribune. Ceux du cabinet parisien de François
Léotard. En fin díaprès-midi les grosses pointures viendront síentretenir
avec eux, Jean-Claude Gaudin, Olivier Darrason, Jean Roatta... Mais quíest-ce qui
les fait courir ? Ces jeunes militants sont venus échanger et faire des propositions.
Mais ils parlent aussi de leurs difficultés de jeunes politiques. Il faut être
motivé ou alors intéressé.
Provocateur
Volontairement provocateurs, certains níhésitent pas à employer les grands
mots. Líun díentre eux se présente comme un ìjeune ezbollahî : ìPour quelle
raison les jeunes viennent-ils nous voir ? Pour parler aux jeunes, il faut des idées
neuves et différentes. On peut se fondre dans le moule des pontes alors que
líon níest pas forcément díaccord avec eux.î Mais ils et elles souhaitent exprimer
ìle fond de leur penséeî. Líemploi, le sida et les inégalités sociales
concernent leur génération. Et les ìgrands élusî ne peuvent pas tout
comprendre et tout voir. De plus, ils ne veulent pas servir uniquement de faire-valoir.
Ils prennent leur rôle très au sérieux et espèrent bien se faire
entendre. Et ils comptent bien sur leurs représentants pour faire remonter le
message ìen enlevant justement le côté ezbollahî. Ce rassemblement níest
pas innocent, il permet de faire le point, entre eux déjà, et puis de répondre
à leur besoin de confrontation avec leurs aînés. Les orateurs à
la tribune confirment : ìOn níarrive pas à discuter avec eux. On les croise
pour les vúux. Aujourdíhui, vous aurez la possibilité de vous exprimer.î
Exit le clientélisme ?
Et comme tout jeune militant, ils souhaitent balayer devant leur porte. Se consacrer
à une vision plus saine de la politique. ìIl y a tous ceux qui se rendent au
PR pensant que les réseaux pourront leur servir à trouver du travail.î
Mais là encore les plus initiés jouent leur rôle et ramènent
le débat à sa place. Stoffel-Munck explique que dans certaines circonscriptions,
on est contraint díen passer par là, tradition oblige. Mais une jeune fille
se fait líavocat du diable : ìCertains de nos jeunes élus síoccupent de nous
sans quíon níest rien à demander. Ils nous font profiter díoccasions pour de
petits boulots.î
Tout ça fait partie díune réalité de terrain immuable. Et líon ne
touche là quíau vernis des problèmes rencontrés par ces jeunes militant.
Difficile en effet de militer pour le PR auprès de jeunes qui ne savent même
pas ce quíest la politique : ìOn pourrait commencer par leur expliquer les avantages
de la République. Même síils ne votent pas pour nous, on aura au moins
gagner quíils comprennent et quíils síimpliquent.î On lui répond que certains
élus ont déjà commencé à intervenir sur des lycées
dans certaines circonscriptions. Pour leur parler des institutions et de leur fonctionnement.
ìIl faut pallier les faiblesses du système à chaque fois quíon peut, tant
au niveau civique quíemploi.î
Nettoyage politique
Ils ne sont pas non plus insensibles aux errements des hommes politiques. Le cumul
des mandats pour commencer et la semi-impunité des hommes politiques face aux
affaires pour finir. Ils font ainsi allusion à un maire ministre des leurs.
ìComment peut-on gérer une grande ville tout en étant ministre ?î Et puis
quíest-ce que cette dégradation générale de la morale politique. Mais
Philippe Stoffel-Munck veille au grain. Il a réponse à tout : ìIl síagit
plutôt díune dégradation de la morale publique. Tout poste de pouvoir amène
la tentation de se vendre. Dès quíun juge traite un problème de notable,
il prend forcément garde de ne pas faire díerreur. Beaucoup plus que pour un
simple citoyen. Mais cela tient à la mentalité des juges. Ils ont la possibilité
díappliquer la loi avec rigueur. Et ils ne le font pas. Cette réalité humaine
changera peut-être le jour où líon changera le mode de recrutement des
juges. Mais on ne peut pas líimputer aux hommes politiques.î Bref, vive le renouvellement
des générations. De sorte quíil reste toujours et dans tous partis des
jeunes militants plein de fougue. Prêt à venir síuser les crocs sur le
système avant de totalement líintégrer.
céline cammarata