
Jean-Claude Gaudin élu ìHomme pivot de l'industrie régionaleî à la
majorité des 28 entreprises ayant réalisé le plus fort taux de croissance
sur les cinq dernières années. L'explication de vote est fournie par le
magazine L'usine nouvelle, organisateur du ìconcoursî : ìDans une région
déchirée par les querelles subalternes, il s'est imposé grâce
à une pugnacité qu'il habille volontiers de jovialité.î En confidence,
l'analyse est plus nuancée : Jean-Claude Gaudin aurait recueilli ses suffrages
auprès des entreprises des Bouches-du-Rhône. Il ferait beaucoup moins l'unanimité
dans les Alpes-Maritimes et le Vaucluse...
Ce résultat a tout de même de quoi étonner. On ne retirera pas au
président du conseil régional ses initiatives en matière d'aides aux
entreprises ou de développement économique. Elles sont réelles et
les entreprises elles-mêmes l'admettent. Mais comment expliquer que libres de
voter pour qui ils voulaient, la majorité des chefs d'entreprises les plus dynamiques
de la région aient finalement désigné spontanément un politique
?
A longueur d'année, on entend la plupart des dirigeants critiquer les élus,
le gaspillage des fonds publics dans des opérations d'une utilité douteuse,
les taux de taxe professionnelle qu'ils imposent aux entreprises... ìNous ne sommes
pas du même mondeî confient les uns. ìIls n'ont pas conscience de nos
réalitésî renchérissent les autres. Et voilà qu'au moment
où ils peuvent distinguer l'un des leurs pour sa capacité d'innovation,
son sens stratégique, sa réactivité aux variations du marché,
puisqu'on leur demande de désigner ìl'homme pivot de l'industrie régionaleî,
ces dirigeants votent pour un politique qui n'a jamais mis les pieds dans une entreprise,
à part pour y serrer des mains !
Il y a sûrement quelque part une réalité qui nous échappe. Nous
n'osons pas croire que ces dirigeants, parmi les plus performants, chercheraient
par ce biais à ìfayoterî et à se réserver ainsi les bonnes grâces
futures d'un élu incontournable. Jean-Claude Gaudin est beaucoup plus malin
qu'ils ne croient...
jean-christophe barla