Les coups de coeur du pari de Marseille

Barre de Navigation

Lettres d'amour à Marseille...
les Marseillais écrivent à leur ville

Aucune ville au monde n'est aimée par ses enfants comme Marseille. Restés à la maison ou partis depuis des lustres sous d'autre cieux, personne n'a oublié, ni cessé d'aimer et d'entretenir une relation magique, presque physique avec cette ville. Ce syndrome touche également des hommes et des femmes venus d'autres villes ou pays (par exemple d'Aubagne) et qui pour être passés une fois par chez nous (comment décrire la beauté d'arriver de Corse à 6 heures du mat' sur le Danielle Casanova et le passage entre la digue des Catalans et le Frioul...). Albert Londres ne s'y est pas trompé lorsqu'il écrit en 1927:

"Allez à Marseille, Marseille vous répondra. Cette ville est une leçon. L'indifférence coupable des contemporains ne la désarme pas. Attentive elle écoute la voix du vaste monde, et, forte de son expérience, elle engage, en notre nom, la conversation avec la terre entiére. Une oriflamme claquant au vent sur l'infini de l'horizon, voilà Marseille."

Alors maintenant c'est à vous, amoureux de Marseille du monde entier, d'écrire à votre ville que vous ne l'avez pas oubliée... Dites nous pourquoi vous êtes partis, ce qui vous manque le plus, et si vous vous sentez la verve, allez-y de votre tirade amoureuse...


Je suis parti parce que Marseille c'est trop beau, c'est trop bon. Comment tu veux travailler quand il fait toujours beau, quand tu as toujours envie de faire la fete. Alors voila, je suis parti faire fortune aux Ameriques. Un objectif, prendre ma retraite le plus vite possible a Planete Marseille.

Ce qui me manque le plus? Je vais essayer de le marquer sans pleurer:
1) La famille - Les amis
2) L'OM
3) La mer
4) Le soleil
5) La sieste
6) Les cigales
7) Le Pastis
8) La petanque

Putain on se croirait a une famille en or!

Eric Durand <durand@mit.edu>




1/ Pourquoi je suis parti

La mobilité est de mise pour les enseignants du superieur et celà fait du bien de se débarasser de ses habitudes (en recherche, bien entendu!).

2/ Ce qui me manque le plus
A part ma chere et tendre et mon minot, il y a:
Un café à la buvette du pharo,
Une biére au New-York
Les repas du soir qui n'en finissent pas chez mon collégue
à Samena
Le mistral dans le labyrinthe des rues d'Endoume
La corniche aller-retour en bagnole du temps ou je travaillais a Luminy
Les couloirs tristes de l'Université de Provence
... bon j'arrete ou il va falloir que je me déniche des
anti-dépresseurs

3/ Une lettre d'amour a Marseille
J'y réfléchis.....

Laurent Guieu <guieu@darboux.math.univ-montp2.fr>




Salut les collegues,
1/ Pourquoi on est parti :
Eh bien moi, je suis parti pour l'aventure, pour aller voir ailleurs, pour parcourir le monde et pas mourrir couillon (cela dit, j'ai beau avoir voyage , je suis toujours aussi couillon) J'ai pas trouve de boulot a Marseille ou dans les environs par contre , j'avais du boulot a Paris, a Kaliningrad (Russie) et a San Francisco. Comme j'aime pas trop la capitale et j'aime pas bouffer que des patates, j'ai opte pour l'Ouest Californien.

2/ Ce qui me manque le plus, c'est la famille, les amis, les gens en general qui a coup de galejades, detendent l'atmosphere. Les collines, la nature, le bleu de l'eau.
Marseille me manque, ses rues, les promenades vers la place Thiars, le Cours Julien, la Corniche. Quand on aime Marseille, on l'aime en bloc ou peut etre c'est aussi notre maniere d'aimer a nous les Marseillais.

3/ Lettre d'amour : et si on faisait un poeme tournant Genre , je commence par un quatrain et quelqu'un d'autre attache un autre quatrain derriere

Une rue sans rires, un matin sans soleil,
Un apero sans pastis, une vie sans famille,
Cherchant le bonheur ailleurs qu'a Marseille
Loin de nos racines, nous manque une ville

Imaginez des rues animees et sonores
Des plages tranquiles sous un soleil de plomb
Des gens souriants qu'un rien n'egaye
Des places ensoleillees ou ne rien faire est bon
Des odeurs de garigue, de mer, de port
Ses habitants le savent, cette ville c'est Marseille

Allez l'OM. Au suivant
A tantot

Patrick <pmartini@sftelecom.level1.com>
Templiers de Mars a San Francisco




Mon amour,

Bientôt sept ans que je t'ai quitte. Sept ans deja et aujourd'hui il faudrait que j'explique pourquoi... Pourquoi quitte-t-on quelqu'un qu'on aime ? J'etais sans doute trop jeune et je n'avais pas encore realise combien je t'aimais...Et sans doute aussi que le quotidien et les habitudes avaient un peu terni cet amour...Je voulais vivre d'autres choses, je voulais faire des films et j'avais dix sept ans...On est pas serieux quand...

Au debut je l'avoue, je t'ai ete infidele. J'ai cru t'avoir oubliee. Et puis lentement, douloureusement, j'ai commence a sentir le manque, l'absence. J'ai voulu te revoir. J'ai pris le train et tu m'es apparue, plus fiere que jamais dans cette lumiere de fin de journee qu'on croirait inventee pour toi. Et j'ai su que tu faisais partie de ma vie a jamais...

Depuis, quand je t'aperçois derriere la vitre de mon train, quand je commence a voir la mer, l'Estaque, c'est toujours le meme sourire qui se dessine un peu malgre moi, mon coeur qui bat un peu plus vite... Le ciel et la mer a perte de vue, les grues du port et les paquebots rouilles, et la digue du large, tout me rappelle que tu es la, immuable et sereine meme quand les elements se dechainent, toujours prete a accueillir ceux qui ont pris le large et qui te reviennent. Marseille, je t'aime toujours et je t'aime avec tous mes sens. L'odeur de la mer et l'odeur un peu forte des pins sous le soleil, le bruit du vent dans les mats et les sirenes des paquebots qui s'en vont, le gout de mer des oursins et l'anis et la fleur d'oranger des navettes... J'aime sentir le mistral sur mon visage, j'aime laisser courir ma main sur la roche aride et blanche...

Marseille je t'aime parce que tu m'accueilles toujours les bras grands ouverts, parce que tu es toujours prete a te donner sans retenue a ceux qui posent les yeux sur toi.

Marseille je t'aime parce que tu me laisses croire qu'il y a des endroits sur terre ou la vie peut etre plus belle...

Et aussi parce que quand je parle de toi, je ne peux pas m'empecher d'etre lyrique...

Benedicte Felix <b.felix@planete-marseille.com>
Marseille, le 9 mai 1997




Aioli les Exiles!!!
Bon moi je peux pas trop faire une lettre d'amour en disant pourquoi je suis parti parce que je suis pas parti donc j'ai pas vraiment fait une lettre. ( pas du tout clair tout ca mais desole il est tard et mon cerveau ne commande plus mes dix doigts )

J'aimerai connaitre vos réactions face au F-haine et à ce qui suit. Lançons un peu une polémique parce que la c'est un peu trop amical. (sans vous enflammer sinon on peut plus rien dire amical ou non)

Cet aprés midi, quelque chose me pousse à sortir,
A partager ma soirée avec ma ville,
A errer dans ces 111 quartiers de sons.
Donc je sors et je marche.
J'entends le bruit de mes pas dans le sable,
Des vagues sur les galets,
Du vents dans les mâts.
Puis, je m'endors sur un banc.
Je me réveille;
Maitenant il fait nuit.
plus loin, plus discret
J'entends les barques de pêcheurs,
encore plus loin,
J'entends le silencieux d'un colleur d'affiche
le bruit d'un corps qui tombe sur le goudron
Le rire sadique de deux nazis,
Les mensonges hideux d'un borgne puant;
Maintenant il est tard,
Je m'allonge sur un banc,
Je rêve de la mort d'un parti
D'une ville qui respire
D'enfants qui dansent
D'épices, de Thym,
De sel
de soleil
de rire
de vie
de Marseille
...

Mathieu FELIX <christian.felix@hol.fr>




Que je t'aime Marseille !
Je me souviens de ces dernieres nuitees que j'ai passe eveille a surveiller la belle clio de mon pere, m'enivrant du calme nocturne et des multiples feux arrogants qui transpercent l'encre noire celeste tout juste percee par quelques etincelles d'etoile chaque soir.

Qu'il est doux de rever au calme et a la paix, se nourrissant de jolis cliches gentillement retenus dans la memoire de ces droles de gens qui essaient sans cesse de partir. Oh, qu'ils sont beaux tout ces mots sans maux, momifiant des pensees nobles...mais justes ?

Il n'etait pas serieux quand il avait 17 ans, Rimbaud. Il partait lui aussi, toujours plus loin vers ailleurs. Il ne s'est jamais retourne . Que devient le college qui porte son nom dans les quartiers dits 'pauvres' de Marseille, l'a-t-on oublie dans toutes ces belles images? D'accord, l'odeur de sa verdure n'est pas semblable a celle des panisses et les gens qu'on y rencontre moins braves que les braves des lyriques.

Il me font sourire tout ces gens, sans doute avec trop d'argent dans les poches et trop de tres belles chimeres dans la tete pour voir la vie et Marseille.

Elle est belle la Benedicte, dans son univers trop rose, je cherche encore comment le mistral fou a pu lui caresser la joue a 100-120 km/h alors que tout partait partout. Je souries lorsque j'imagine dans quelle sorte de train de vie routinier ces gens se mettent, accusant la fatalite de n'etre que des gens normaux, revant encore et toujours d'un ailleurs toujours plus beau. Marseille.

Combien il est facile de parler, d'ecrire, non de taper sur un clavier d'ordinateur, d'abuser des mots de Marseille, bien loin des gens d'ici, bien loin des gens du monde et de la vie, qu'il doit etre difficile pour tous ces gens de sourire a un inconnu.

Hier, j'etais une fois de plus dehors, sur le Vieux-Port. Temps pourri. Ce soir, je serais encore a la fenetre de ma chambre, au 8eme etage dans une vieille residence du 15eme arrondissement, et je surveillerai une fois de plus les gars qui rodent autour de la caisse de mon pere, un fusil charge a porte de ma main.

Laurent Benameur <blueboy@esil.univ-mrs.fr>




Je viens de lire les autres lettres d'amour et si je passe aprés un certain Laurent qui dort avec son fusil chargé, Áa va pas Ítre triste. Moi pas armée et fiére de ne pas l'Ítre fan de chichourle, y a des durs dans le Le pari de Marseille! bon je me lance.

Marseille,
Ma Merveille.
Phocée,
Tant aimée.
Massalia
Ouvre ses bras.

Combien de matins, lorsque le soleil se léve, je me suis mise à ma fenÍtre pour admirer le ciel qui bleuit. Un bleu que je n'ai jamais retrouvé ailleurs.
Combien de soirs je suis allée à Callelongue, contempler le soleil qui se couche derriére Riou.
Toi Marseille, qu'un temps j'ai trahie, tu m'as fait payer cher mon retour. Loin de de t'en vouloir, je t'en aime que davantage. Dans ton coeur, j'ai séché mes larmes et consolé mon chagrin.

Courant à travers le Panier,
Qui n'est pas fait que d'osier.
Grimpant vers Notre-Dame,
Afin d'y apercevoir ton Ēme.
Déambulant dans le centre,
Où tout me tente.
Que ferais-je encore,
Pour rester à ton bord.

Pourquoi cet amour pour toi? Alors que tant d'autres te trouve detestable.
Pourquoi tant tant d'acharnement à voiloir faire de toi la capitale de l'univers, sans pour cela changer ce qui fait ton charme.
Qui es-tu donc Marseille pour que
tes enfants t'aiment à ce point?
Dis-moi, qu'as-tu pour que je t'aime à ce point.

Dominique (ferraro@hol.fr)


A VOUS...