FRANZ WEHLING...


...est un collègue exilé à Paris (il travaille à l'Ecole Centrale) qui a complété notre dico massilien et qui a plein de choses à nous raconter:

"Bonjour à tous,

Je suis né à Marseille voilà 42 ans.

J'ai habité L'Estaque pendant une vingtaine d'années...les plus belles. Lorsque on lit mon nom et mon prénom et qu'on entend mon accent.... ça surprend un tantinet!!! J'habitais une grande villa située sur les flancs de la colline de l'Estaque, et de cet endroit, nous avions une des plus belles vues sur la baie de Marseille.

Lorsque arrivent les beaux jours (si on peut les appeller "beaux"), la "grande bleue", l'odeur des pins et les cigales me manquent serieusement.

Je me souviens que lorsque je rentrais de l'école, le car de ramassage scolaire me déposait sur le chemin du littoral à L'Estaque. Plutôt que de me précipiter faire mes devoirs, j'allais sur la jetée prendre un bon bain...dans les annees 60 l'eau n'était pas encore trop polluée. Le dimanche, plutôt que de se faire ch... devant la télé, j'enfilais la combinaison de plongée et on partait faire un tour en mer avec des collègues.

Mes coins preférés pour la baignade : partout ou il y a des rochers et de l'ombre : Niolon, la Vesse, La Redonne....Les calanques....

Ma soeur habite encore à l'Estaque et je "descend" souvent à Marseille, mais plutot hors saison estivale. Lorsque le train débouche du tunnel de la Nerthe, et que d'un coup tu as cette vue sur la baie.....même après 20 ans j'éprouve toujours cette émotion intacte : j'ai le "bati-bati" et les larmes aux yeux.

Côté foot : Oui mais sans passion demesurée.....n'empêche que le jour ou "Basilou" a marque LE but qui a sacré Marseille champion d'Europe... J'ai failli défoncer le plafond.



Maintenant, une Histoire vraie...

Ce que je vais raconter n'est pas une blague : c'est une histoire tout à fait vraie dont ma grand-mère a été témoin dans les années 50.

Tout Marseillais connait bien la redoutable répartie des poissonières (les autres en font les frais)....

L'histoire se passe sur le vieux port, devant un étalage de poissons fraîchement péchés, qui boulèguent encore.

Il s'y trouve une dame d'un look BCBG, avec un de ces accents pointus qui t'écorche les oreilles.

Elle tate le poisson du bout des doigt, avec un air vraiment dégouté.

La poissonnière fini par s'en rendre compte et lui pose la question classique "Il est pas frais mon poisson?".

La dame interpellée de répondre avec un air pincé (et son accent pointu) : "Je me rend à l'EVIDENCE.....".

La poissonnière : "Qué 'vidence, qué 'vidence....es dins ton cuou que les vis dansent".

Voilà... Voilà...

Franz WEHLING


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